Le décret sur les BACS, récemment mis en place, bouleverse le quotidien des entreprises, en particulier celles du secteur industriel. Cette réglementation impose de nouvelles normes environnementales strictes concernant la gestion des bacs de stockage de produits chimiques. Les entreprises doivent désormais se conformer à des protocoles rigoureux pour le stockage, le transport et l’élimination de ces substances. Nombre d’entre elles se retrouvent face à des défis logistiques et financiers importants. Les coûts de mise en conformité peuvent s’avérer élevés, nécessitant des investissements en infrastructure et en formation du personnel. Les petites et moyennes entreprises, en particulier, ressentent fortement cette pression, devant parfois réévaluer leurs stratégies opérationnelles pour éviter des sanctions sévères.
Qu’est-ce que le décret BACS et pourquoi a-t-il été instauré ?
Le Decret bacs marque un tournant pour tous ceux qui gèrent ou occupent des bâtiments tertiaires : il oblige désormais à installer des systèmes automatisés permettant une supervision fine du chauffage, de la climatisation, de l’éclairage et des consommations. Désormais, il ne suffit plus d’activer la ventilation ou de programmer la chaudière : la réglementation exige que l’ensemble des équipements soient reliés, contrôlés et optimisés par une Gestion Technique du Bâtiment performante.
Ce durcissement n’arrive pas par hasard. La priorité affichée reste claire : abaisser les émissions de gaz à effet de serre issues de l’exploitation de bureaux, magasins ou autres locaux professionnels, tout en poussant à renforcer l’efficacité énergétique de chaque site. Pour les entreprises qui acceptent le défi et investissent, la récompense ne se fait pas attendre : moins de dépenses énergétiques, impact carbone réduit, image de marque valorisée.
Ce décret ne vient pas seul. Il forme un tandem avec le décret tertiaire, qui contraint l’ensemble du secteur à revoir ses consommations d’énergie à la baisse. Ensemble, ils imposent une nouvelle exigence de performance pour tout le parc professionnel en France, l’un des plus énergivores d’Europe. Objectif : accélérer la transition énergétique des immeubles et faire du tertiaire un exemple en matière de réduction des consommations nationales.
Quelles sont les obligations et les échéances pour les entreprises ?
La marche à suivre ne laisse aucune place à l’improvisation. Les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² doivent installer des solutions de gestion automatisée avant le 1er janvier 2025,c’est demain. Pas de second tour : chaque retard risque de peser lourd sur le budget et la réputation.
Le décret tertiaire complète ce dispositif et impose une surveillance annuelle des consommations via la plateforme OPERAT, sous contrôle de l’Ademe. Chaque entreprise doit déclarer ses données avant le 30 septembre : aucun gestionnaire ne peut se permettre de passer à côté, sous peine d’être pointé du doigt publiquement.
Pour s’aligner sur la bonne trajectoire, des jalons précis ont été fixés. Voici les étapes majeures qui balisent ce processus :
- Atteindre une réduction de 40 % des consommations énergétiques d’ici 2030, par rapport à une année de référence entre 2010 et 2019.
- Viser 50 % de diminution en 2040.
- Se fixer comme cap la barre des 60 % économisés à l’horizon 2050.
En face de cette montée en exigences, les entreprises bénéficient d’outils concrets pour faciliter leur adaptation. Les certificats d’économies d’énergie (CEE) restent le support le plus visible : ils allègent le coût des investissements et rendent possibles des travaux qui semblaient inaccessibles. Pour nombre de responsables, ces aides font basculer l’équilibre économique en faveur du passage à l’action.
Quels impacts et opportunités pour les entreprises ?
À première vue, le décret BACS apparaît comme une contrainte supplémentaire dans un univers déjà balisé de normes. Pourtant, cet apparent verrou ouvre la porte à une gestion toute différente des bâtiments. Mettre en œuvre une Gestion Technique du Bâtiment, c’est se donner les moyens d’agir rapidement sur la consommation : une PME qui opte pour l’automatisation constate souvent une chute de ses charges fixes, une amélioration concrète du confort pour ses employés et parfois même une revalorisation de ses locaux.
Sur le plan économique, les CEE jouent le rôle de catalyseur : sans eux, beaucoup d’opérations resteraient lettres mortes. Avec leur soutien, des chantiers innovants voient le jour, apportant un souffle nouveau à la stratégie énergétique des entreprises. Là réside aussi une opportunité de s’imposer, en affichant une dynamique proactive au lieu d’attendre que la réglementation frappe.
Les conséquences dépassent la simple conformité administrative. Un bâtiment tertiaire rénové suscite la confiance auprès des clients, rassure les investisseurs, attire de nouveaux partenaires. L’affichage d’une ambition environnementale devient un critère différenciant, un argument auquel ni le marché ni les collaborateurs ne restent insensibles.
Pour donner du concret, voici quelques bénéfices tangibles dont profitent les entreprises qui franchissent le pas :
- Optimisation des consommations : outil de suivi et de pilotage des usages, baisse mesurable de la facture énergétique annuelle.
- Aides financières : un accompagnement solide via les CEE pour amortir les dépenses.
- Signe distinctif sur le marché : une stratégie climat affirmée, qui attire clients, prestataires et talents.
Le secteur tertiaire change d’allure à marche forcée. Ceux qui s’adaptent aujourd’hui prendront une longueur d’avance, transformant le défi réglementaire en véritable moteur de transformation. La gestion énergétique, hier perçue comme une obligation, s’impose désormais comme l’un des terrains de jeu les plus stratégiques pour l’entreprise moderne.


