TVA à 21 % sur les chaudières : quel impact pour les ménages belges en 2025 ?

Depuis plusieurs mois, le gouvernement belge prépare une série de mesures fiscales visant à supprimer progressivement les avantages liés aux énergies fossiles. Parmi elles, la hausse de la TVA sur certains équipements de chauffage — dont les chaudières — attire particulièrement l’attention. À partir de 2025, l’installation ou le remplacement de certaines chaudières ne bénéficiera plus du taux réduit à 6 %, mais sera soumis au taux normal de 21 %.

Ce changement aura un impact direct sur les ménages souhaitant moderniser leur système de chauffage. Décryptage.

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Pourquoi la TVA sur les chaudières va-t-elle augmenter ?

Le taux réduit de 6 % sur les travaux de rénovation est actuellement appliqué pour les logements de plus de 10 ans, notamment lorsqu’il s’agit de remplacer une chaudière ou d’installer un système de chauffage plus performant. Cette mesure visait à encourager la rénovation énergétique, tout en rendant ces équipements plus accessibles.

Cependant, dans une volonté de réduire les subventions indirectes aux énergies fossiles, le gouvernement fédéral — sous la pression européenne et environnementale — a décidé de mettre fin à ce taux réduit pour les équipements qui utilisent principalement du gaz ou du mazout.

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L’objectif affiché est clair : accélérer la transition vers des solutions de chauffage plus durables, telles que les pompes à chaleur, les chaudières hybrides ou les réseaux de chaleur urbains.

Qui sera concerné par cette hausse de la TVA ?

Le nouveau taux de 21 % ne s’appliquera pas à tous les ménages de manière uniforme. Plusieurs critères entreront en ligne de compte :

  • Type d’équipement : les chaudières fonctionnant aux combustibles fossiles (gaz naturel, propane, fioul) seront principalement concernées.
  • Type de logement : les maisons ou appartements de plus de 10 ans perdront le bénéfice du taux réduit s’ils installent un système au gaz ou au mazout.
  • Type de travaux : les simples remplacements à l’identique, sans amélioration énergétique significative, seront taxés à 21 %.

En revanche, les équipements favorisant une performance énergétique accrue ou intégrant des sources d’énergie renouvelable pourraient continuer à bénéficier d’un régime favorable.

Quels équipements sont visés par cette hausse ?

La mesure concerne principalement les installations suivantes :

  • Chaudières à condensation gaz
  • Chaudières basse température au fioul
  • Remplacements de chaudières classiques par un modèle équivalent
  • Chauffe-eaux à énergie fossile
  • Chauffage central sans amélioration énergétique

À noter que les équipements combinant des énergies renouvelables (chaudières hybrides, systèmes couplés à des panneaux solaires thermiques) pourraient bénéficier d’un traitement différent.

Pour les particuliers envisageant une installation ou un remplacement de chaudière à Bruxelles avec un chauffagiste expérimenté, cette évolution fiscale invite à anticiper les travaux.

Quel surcoût pour les ménages belges ?

La différence de TVA entre 6 % et 21 % peut paraître abstraite, mais elle représente un coût réel important pour le budget des ménages.

Exemple concret :

  • Prix d’une chaudière + installation : 4 000 € HTVA
  • TVA à 6 % = 240 €Total : 4 240 € TTC
  • TVA à 21 % = 840 €Total : 4 840 € TTC

Différence : 600 € supplémentaires pour le même service, uniquement à cause du changement de taux.

Pour les propriétaires bailleurs, copropriétés ou maisons unifamiliales avec un réseau vieillissant, ce surcoût peut remettre en question la faisabilité d’un remplacement de chaudière dans les délais.

Y aura-t-il des exceptions ou aides compensatoires ?

En parallèle de cette mesure, certaines aides régionales resteront disponibles pour soutenir la rénovation énergétique :

À Bruxelles :

  • Primes Renolution pour le remplacement de chaudière (jusqu’à 1 200 € selon le revenu).
  • Bonification pour passage à un système basse température ou renouvelable.
  • Aide à l’audit énergétique préalable (obligatoire pour certaines primes).

En Wallonie :

  • Primes Habitation adaptées selon les revenus et le gain énergétique.
  • Aide à la sortie des énergies fossiles (bonus pour pompes à chaleur).

En Flandre :

  • Prime pour l’abandon du chauffage au mazout.
  • Programme “Mijn VerbouwPremie”.

Ces aides pourraient ne pas compenser intégralement la hausse de TVA, mais elles restent essentielles pour alléger le coût total du projet.

Peut-on encore bénéficier de la TVA à 6 % ?

Oui, mais le temps presse. Les projets dont les devis sont acceptés, signés, et dont les travaux sont réalisés avant le 31 décembre 2024 pourront encore bénéficier du taux réduit.

Il est donc crucial de :

  1. Planifier rapidement son projet de remplacement ou de rénovation.
  2. Demander un devis à un professionnel agréé.
  3. Respecter les délais d’exécution avant le changement de législation.

La forte demande attendue au second semestre 2024 pourrait entraîner un engorgement des plannings pour les installateurs. Mieux vaut ne pas attendre les dernières semaines.

Quel impact sur le secteur du chauffage ?

Les professionnels du secteur s’attendent à une accélération des demandes d’ici fin 2024, suivie d’un probable ralentissement début 2025 en raison du coût plus élevé pour les particuliers.

Les chauffagistes devront également adapter leur offre, en mettant davantage en avant :

  • Les solutions mixtes ou hybrides (chaudière + solaire).
  • Les alternatives 100 % renouvelables (pompe à chaleur air-eau).
  • L’entretien et l’optimisation des systèmes existants, pour les ménages qui repousseront les travaux.

Quels conseils avant la fin 2024 ?

Avant que la TVA ne passe à 21 %, voici quelques recommandations :

  • Faites un diagnostic complet de votre installation de chauffage.
  • Vérifiez l’âge, le rendement et l’état général de votre chaudière actuelle.
  • Renseignez-vous sur les aides disponibles dans votre région.
  • Demandez plusieurs devis détaillés avec délais d’intervention garantis.
  • Assurez-vous que le professionnel est certifié (Cerga, Bruxelles Environnement, etc.).

En résumé :

Élément Avant 2025 À partir de 2025
TVA chaudière gaz (logement +10 ans) 6 % 21 %
Économies sur facture TTC Jusqu’à 600–800 € N/A
Prime Renolution (Bruxelles) Oui Oui
TVA chaudière renouvelable 6 % 6 % ou maintien

Conclusion

La hausse de la TVA sur les chaudières en 2025 s’inscrit dans une logique de transition énergétique, mais son application risque de pénaliser certains foyers si elle n’est pas anticipée.

Pour éviter un surcoût important ou des délais d’intervention, il est conseillé de lancer son projet de rénovation ou de remplacement de chaudière dès 2024. Un chauffagiste certifié pourra vous guider dans vos choix techniques, vérifier votre éligibilité aux primes et vous proposer une solution adaptée à vos besoins et à votre budget.